Pour un délégué à la protection des données ou un responsable de la sécurité des systèmes d’information, suivre l’actualité est presque un métier à part entière. Délibérations de la CNIL, décisions européennes, sanctions, fuites de données, nouveaux textes réglementaires : le flux ne s’arrête jamais et le tri prend du temps. C’est précisément ce besoin que comble PDSFA, un site de veille gratuit qui mérite une place dans vos favoris.
Une veille pensée pour les praticiens
PDSFA signifie « Panorama Données & Sécurité, Flash & Agile ». Le principe est simple : chaque mois, une synthèse de l’actualité de la protection et de la sécurité des données, publiée sur un blog et pensée pour aller vite. La cible est clairement affichée, à savoir les délégués à la protection des données (DPD/DPO), les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) et, plus largement, tous les professionnels du domaine.
Le nom résume la promesse. Un panorama qui couvre l’essentiel des sources, un format flash qui va droit au but, un rythme agile calé sur l’actualité. La veille est réalisée par un ancien DPD/DPO et RSSI, sous la direction de Patrick Blum, et cela se ressent dans le choix des sujets. On y retrouve ce qui compte pour la pratique quotidienne, pas seulement les grands titres de la presse.
Un format simple, sourcé et gratuit
Chaque édition existe sous deux formes complémentaires : un article en ligne et une version PDF téléchargeable, commode à archiver ou à diffuser dans une équipe. Le sommaire est cliquable, chaque information est datée et accompagnée d’un lien vers la source d’origine, décision ou article, et les intitulés sont assez directs pour repérer d’un coup d’œil ce qui vous concerne.
Chaque numéro suit une trame régulière : actualité de la CNIL, délibérations publiées au Journal officiel, actualité française et européenne, décisions du CEPD, sanctions notables et actualité internationale. Le tout reste sobre dans la forme, mais l’angle est vivant. Là où beaucoup de veilles empilent les liens sans relief, PDSFA assume des titres accrocheurs, parfois teintés d’ironie, qui donnent envie de lire la suite. Le service est entièrement gratuit et propose un abonnement par email pour recevoir chaque numéro dans sa boîte de réception. Une communauté d’environ 200 abonnés le suit déjà.
Au menu de l’édition juillet-août 2026
La dernière livraison, numéro 10, revient sur l’actualité de juin 2026. Elle donne un bon aperçu de ce que la veille sait faire. Voici quelques temps forts.
- La CNIL passée au crible. La Cour des comptes a publié un rapport au titre sans détour, « une montée en puissance inachevée ». On y apprend que la France compte 36 777 délégués à la protection des données, que le stock de plaintes approche les 18 000 et que le budget de la CNIL a progressé de 72 % entre 2017 et 2024. Une lecture éclairante au moment où le règlement sur l’intelligence artificielle confie de nouvelles missions à l’autorité.
- Un nouvel accès aux données de santé. La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026, placée sous la bannière « Simplifier pour innover », fait passer la recherche en santé d’un régime d’autorisation préalable à une logique de référentiels et de déclaration de conformité, avec mise à disposition des données sous trois mois.
- La fuite qui vise les policiers. Jusqu’à 224 000 personnes, en majorité des policiers, ont vu leurs données exposées après une attaque contre la Fédération Sportive de la Police Nationale. Certificats médicaux et convocations figuraient dans les fichiers diffusés.
- Doctolib sous le feu des critiques. La plateforme a discrètement revu sa politique de confidentialité : nouvelles finalités comme l’assistant santé et la publicité ciblée, nouveaux sous-traitants dont des fournisseurs d’intelligence artificielle, et possibilité d’accès aux données depuis les États-Unis. Un cas d’école sur la transparence due aux personnes.
- Une sanction record en Corée. L’autorité coréenne a prononcé une amende record contre Coupang après une fuite touchant 33 millions d’utilisateurs. Un signal de plus de la sévérité croissante des régulateurs hors d’Europe.
- Un modèle commun pour notifier les violations. Le Comité européen de la protection des données (CEPD) a mis en consultation, jusqu’au 5 août 2026, un modèle harmonisé de notification de violation au titre de l’article 33 du RGPD. À suivre de près pour toute organisation qui gère des incidents.
- Voitures connectées et données personnelles. Une étude citée par la veille estime que 95 % des données générées par une voiture récente remontent au constructeur sans consentement explicite du conducteur, une zone grise que le Data Act commence à encadrer.
- Cookies et Omnibus numérique. La veille détaille le recul du Conseil de l’Union européenne sur le signal automatisé de consentement, sous la pression de plusieurs États membres et de Google, et rappelle qu’entre 3 et 10 % seulement des internautes acceptent réellement d’être pistés.
- ChatGPT et la question de la compétence. Le tribunal de Rome a annulé l’amende de 15 millions d’euros infligée à OpenAI, estimant la compétence transférée à l’autorité irlandaise via le guichet unique. Une décision qui relance le débat sur l’application homogène du RGPD en Europe.
- Faut-il un droit de propriété sur les données ? Un think tank plaide pour remplacer la logique du RGPD par un droit de propriété individuel sur les données, en s’appuyant sur les mégafuites récentes. Une thèse provocatrice que la veille présente sans parti pris, et qui a le mérite de nourrir la réflexion.
- Le chiffre qui fait réfléchir. Après l’incendie d’un centre de données OVHcloud, une entreprise réclamait 576 660 euros. La cour d’appel de Douai n’a retenu aucun manquement au RGPD et n’a accordé qu’un bon d’achat de 125,87 euros. De quoi alimenter bien des échanges sur les clauses de disponibilité.
Pourquoi l’ajouter à vos favoris
Cette édition illustre bien la valeur de PDSFA. En une seule lecture, un DPO ou un RSSI dispose d’un panorama sourcé qui couvre la CNIL, l’Europe, les sanctions et les incidents marquants du mois. La version PDF se partage facilement en réunion ou se conserve comme trace de veille, un réflexe que la conformité au RGPD encourage. La gratuité et l’abonnement par email finissent de convaincre.
Pour un praticien de la protection des données, ce type de ressource fait gagner un temps réel. Elle ne remplace pas l’analyse au cas par cas d’un dossier, mais elle évite de passer à côté d’une décision ou d’un texte important entre deux points d’étape. C’est aussi une excellente porte d’entrée pour sensibiliser une direction ou un comité de pilotage, avec des exemples concrets et récents plutôt que des principes abstraits. De notre côté, nous l’avons ajoutée à nos favoris.
En résumé, si vous portez une responsabilité autour des données personnelles ou de la sécurité de l’information, PDSFA a toute sa place dans vos favoris. Un temps précieux gagné, chaque mois.
Découvrir le site : pdsfa.wordpress.com
Lire l’édition de juillet-août 2026 : la veille de juillet-août 2026



































