Si vos newsletters embarquent encore des pixels de suivi non déclarés, vous êtes hors délai. La CNIL avait accordé trois mois aux expéditeurs pour informer les destinataires dont l’adresse figurait déjà en base. Ce délai a expiré à la mi-juillet 2026, et l’exemption que beaucoup croient large ne couvre pas ce qu’ils en attendent.
Qu’est-ce qu’un pixel de suivi dans un courriel ?
C’est une image d’un pixel sur un pixel, invisible à l’écran, insérée dans le message. Son nom de fichier contient un identifiant propre au destinataire. Quand la messagerie charge l’image, l’expéditeur sait que le message a été ouvert, à quel moment et depuis quel environnement.
La technique sert à personnaliser les communications, à mesurer l’audience ou à vérifier la bonne réception. La CNIL rappelle que la messagerie est un espace personnel destiné à la consultation de contenus privés. Le nombre de plaintes sur ce sujet augmente.
Faut-il un consentement pour poser un pixel de suivi ?
Oui, par principe. Le régime applicable est celui de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, le même que pour les cookies. Consentement préalable, sauf exemptions strictement délimitées.
Les règles de recueil sont celles d’un consentement valide au sens du RGPD : libre, éclairé, spécifique, et aussi simple à retirer qu’à donner. La recommandation, adoptée par délibération du 12 mars 2026 et publiée le 14 avril, complète les lignes directrices 2/2023 du Comité européen et la recommandation cookies de l’autorité.
Quels courriels échappent au consentement ?
La consultation publique a fait bouger le texte sur un point précis. Une exemption est reconnue pour la mesure individuelle de la délivrabilité des courriels rattachés à un service demandé par le destinataire. Elle permet d’identifier les destinataires devenus inactifs, de cesser de les solliciter et de préserver la réputation des systèmes d’envoi.
Deux conditions l’encadrent strictement. Limiter les données au strict nécessaire, et ne les utiliser qu’à cette seule fin.
| Type de courriel | Exemple | Régime applicable |
|---|---|---|
| Transactionnel | Confirmation de commande, facture, notification d’expédition | Exemption possible pour la seule délivrabilité |
| Sécurité | Réinitialisation de mot de passe, alerte de connexion, notification de violation | Exemption possible pour la seule délivrabilité |
| Consenti | Newsletter à laquelle la personne s’est abonnée | Exemption possible pour la seule délivrabilité |
| Marketing | Taux d’ouverture, mesure d’audience, personnalisation | Consentement requis |
La ligne de partage est nette. Vérifier qu’un message est arrivé n’est pas mesurer une audience.
Recenser les pixels insérés par un prestataire d’emailing, rattacher chacun à sa base légale et conserver la preuve du consentement résiste mal au tableur. DPO SUITE relie chaque traceur à son traitement et à sa base légale, pour prouver la conformité d’une campagne sans la reconstituer.
Comment se mettre en conformité en quatre étapes ?
- Cartographier : recenser toutes les campagnes de l’organisme et identifier, avec le prestataire d’emailing, chaque pixel embarqué. Beaucoup d’outils les activent par défaut.
- Qualifier : pour chaque usage, déterminer s’il relève de l’exemption de délivrabilité ou s’il exige un consentement. La mesure d’audience marketing et la personnalisation n’en sont pas exemptées.
- Outiller le consentement : recueil libre et éclairé, retrait aussi simple que l’octroi, preuve conservée. Les mêmes erreurs que sur les bandeaux cookies se reproduisent ici.
- Documenter la période transitoire : conserver la date et le contenu de l’information envoyée aux bases historiques, ainsi que le mécanisme d’opposition proposé.
Ce chantier recoupe celui de la prospection commerciale par courriel et celui de la conformité cookies. Traitez-les ensemble plutôt qu’outil par outil : c’est la même base légale qui commande.
Source officielle : CNIL, recommandation sur les pixels de suivi dans les courriers électroniques.
FAQ
Un pixel de suivi est-il un cookie ?
Non, mais il relève du même régime. L’article 82 de la loi Informatique et Libertés vise toute action d’accès ou d’inscription d’informations dans le terminal, quelle que soit la technique employée. Un pixel, un cookie ou une empreinte de navigateur suivent donc les mêmes règles de consentement.
Mon prestataire d’emailing active-t-il des pixels par défaut ?
Très souvent oui. Les plateformes d’envoi proposent le suivi des ouvertures comme option native, parfois activée sans aucune action de votre part. Vérifiez les paramètres de chaque campagne et demandez au prestataire la liste exacte des traceurs insérés dans vos messages sortants.
Que risque un expéditeur qui n’a rien fait ?
Le manquement à l’article 82 relève de la procédure de sanction de la CNIL, avec un plafond aligné sur celui du RGPD. La procédure simplifiée permet des amendes rapides sur ce type de grief, et les traceurs figurent déjà parmi les motifs les plus fréquents.
Peut-on mesurer le taux d’ouverture sans consentement ?
Non. Mesurer un taux d’ouverture agrégé à des fins marketing est une mesure d’audience, pas une vérification de délivrabilité. Seul le contrôle individuel de la bonne réception, limité au strict nécessaire et utilisé pour cette seule finalité, bénéficie de l’exemption reconnue par la CNIL.
Faut-il informer les destinataires déjà présents en base ?
Oui, et le délai est passé. La CNIL avait prévu trois mois après la publication de sa recommandation pour informer clairement ces destinataires de l’usage de pixels et leur permettre de s’y opposer facilement. Conservez la preuve de cette information et du mécanisme d’opposition offert.

































