Dans un contexte de tensions accrues entre Israël et le Hamas, les réseaux sociaux sont devenus un terrain fertile pour la désinformation et les contenus illégaux. Face à cette situation, la Commission européenne a décidé de lancer une enquête sur X, anciennement Twitter, pour évaluer sa conformité avec le Digital Services Act (DSA). Cette enquête est la première du genre sous ce nouveau régime législatif et pourrait avoir des implications majeures pour l’industrie des plateformes en ligne.
Qu’est-ce que le Digital Services Act ?
Le DSA est un règlement européen qui modifie la directive du 8 juin 2000 sur le commerce électronique (directive 2000/31/CE). Il vise à moderniser et à harmoniser au sein du marché intérieur les législations nationales face aux risques et défis de la transformation numérique. Le DSA a pour objectif de protéger la liberté d’expression tout en assurant la sécurité en ligne.
Application du DSA
Ce règlement concerne les « fournisseurs de services intermédiaires en ligne », c’est-à-dire les hébergeurs, les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les plateformes de voyage et d’hébergement ou les sites marchands, par exemple. Il s’applique aux plateformes en ligne et aux moteurs de recherche comptant plus de 45 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne depuis le 25 août 2023. Il s’appliquera au reste des plateformes ainsi qu’aux intermédiaires en ligne offrant leurs services sur le marché européen à partir du 17 février 2024.
De nouvelles obligations à respecter
Le DSA instaure de nouvelles obligations pour les plateformes en ligne, notamment en matière de transparence, de traitement des réclamations et de protection de la vie privée. Les petites et microentreprises sont exemptées de certaines de ces mesures pour éviter des contraintes disproportionnées.
Les objectifs du DSA
Le règlement a plusieurs objectifs, notamment favoriser le développement des PME, lutter contre la désinformation, préserver les droits fondamentaux et endiguer le cyberharcèlement.
Quelles sanctions ?
En cas de violation du DSA, l’amende peut atteindre jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel de la plateforme. Une restriction temporaire de l’accès au service peut également être appliquée en cas de manquements graves et répétés.
La première échéance : 18 octobre
La Commission européenne a fixé une première deadline au 18 octobre pour que X fournisse des informations sur ses protocoles de réponse aux crises. Cette demande formelle d’informations fait partie d’une série de mesures visant à évaluer la conformité de la plateforme avec le DSA.
Les enjeux pour X
Linda Yaccarino, PDG de X, a récemment annoncé la mise en place d’un groupe de travail dédié à la modération des contenus. Malgré cela, les efforts de la plateforme semblent insuffisants, surtout en comparaison avec ceux de ses concurrents comme Facebook.
Un test pour l’Union européenne
Au-delà de X, cette enquête est un véritable test pour le DSA et les régulateurs européens. Elle permettra de mesurer l’efficacité de cette nouvelle législation dans la régulation des plateformes en ligne et pourrait servir de précédent pour d’autres cas similaires à l’avenir.

































