Un food truck, ce n’est pas qu’une plancha et une file d’attente. Derrière chaque carte de fidélité et chaque commande passée en ligne, vous collectez des données personnelles. Et le RGPD s’applique, même sans local fixe.
Un food truck est-il vraiment concerné par le RGPD ?
Oui, sans exception. Dès que vous enregistrez un nom, un email ou un numéro de téléphone, vous traitez des données personnelles.
La taille de l’entreprise ne change rien. Un camion géré seul est soumis aux mêmes règles qu’une chaîne de restaurants.
Ce qui compte, c’est la finalité et le volume. Fidéliser, encaisser, envoyer des offres : chaque usage doit reposer sur une base légale claire.
Quelles données un food truck collecte-t-il sans y penser ?
Beaucoup plus qu’on ne l’imagine. Le comptoir mobile génère des flux de données discrets mais réels.
- Carte de fidélité : nom, email, date de naissance parfois, historique d’achats.
- Commande en ligne ou click and collect : coordonnées, adresse, préférences alimentaires.
- Paiement : le terminal transmet des données bancaires à votre prestataire.
- Réservation d’emplacement privé ou traiteur : contacts d’entreprises et de particuliers.
Chaque catégorie répond à un objectif différent. Mélanger ces finalités est la première erreur à éviter.
Quelle base légale pour la fidélité et la prospection ?
Tout dépend de l’usage. La confusion entre gérer un compte client et envoyer des offres commerciales coûte cher.
Pour tenir une carte de fidélité, la base légale est le contrat ou l’intérêt légitime. Le client adhère à un programme, vous gérez ses points.
Pour envoyer des SMS ou emails promotionnels, il faut un consentement libre et explicite. Une case précochée ne suffit pas. Le bon réflexe consiste à bien choisir la base légale de chaque traitement avant de lancer une campagne.
Un conseil simple : séparez la case fidélité de la case marketing. L’une n’oblige pas l’autre.
| Traitement | Base légale | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Carte de fidélité | Contrat ou intérêt légitime | Ne collecter que l’utile |
| Envoi d’offres SMS/email | Consentement | Opt-in clair et désinscription facile |
| Commande en ligne | Contrat | Sécuriser le formulaire |
| Paiement par carte | Obligation légale et contrat | Encadrer le prestataire |
Comment gérer le paiement et les prestataires sans risque ?
Vous ne stockez pas les numéros de carte, mais vous en êtes responsable. Le terminal de paiement et la plateforme de commande sont des sous-traitants.
Chacun de ces partenaires traite des données pour votre compte. La loi impose de formaliser cette relation par un contrat écrit.
Vérifiez où sont hébergées les données et quelles garanties existent. Encadrer chaque sous-traitant par un contrat de traitement adapté protège votre activité en cas de contrôle ou de fuite.
Gérer seul ces obligations tout en servant cent couverts par jour reste difficile. S’appuyer sur un accompagnement DPO qui sécurise vos traitements sans mobiliser votre temps permet de rester conforme sans ralentir le service.
Combien de temps garder les données clients ?
Pas indéfiniment. La conservation illimitée est l’un des manquements les plus fréquents.
Un client fidèle inactif depuis trois ans n’a plus à figurer dans votre base active. Les données doivent être archivées ou supprimées.
Fixez une durée par finalité et documentez-la. Cette traçabilité s’inscrit naturellement dans un registre des traitements clair et à jour, socle de votre conformité.
Que faire pour votre site de commande en ligne ?
Votre page de commande est une vitrine soumise à des règles précises. Mentions légales, politique de confidentialité et gestion des cookies sont obligatoires.
Le formulaire doit être sécurisé en HTTPS et limité aux champs utiles. Mettre votre site de commande en conformité RGPD rassure le client au moment de payer.
Pensez aussi à la bannière cookies. Le consentement au suivi publicitaire doit être recueilli avant tout dépôt de traceur. Vous pouvez consulter les obligations de mentions sur votre site internet publiées par l’administration.
Par où commencer concrètement ?
Inutile de tout révolutionner. Une checklist suffit pour lancer votre mise en conformité.
- Lister les données collectées et leur finalité.
- Séparer la fidélité du marketing avec deux consentements distincts.
- Signer un contrat avec chaque prestataire de paiement et de commande.
- Définir une durée de conservation par usage.
- Sécuriser le formulaire en ligne et la bannière cookies.
- Prévoir une procédure en cas de perte de données.
La conformité d’un food truck tient plus à la rigueur qu’à la complexité. Un cadre simple, appliqué chaque jour, protège votre réputation et vos clients.
FAQ
Un food truck doit-il nommer un DPO ?
Non, ce n’est pas obligatoire pour une petite activité de restauration ambulante classique. La désignation devient utile si vous traitez beaucoup de données de fidélité ou de profilage marketing. Un accompagnement externe reste une option souple pour sécuriser vos pratiques sans recruter.
Puis-je envoyer des SMS promotionnels à mes clients fidèles ?
Seulement s’ils ont donné leur consentement explicite pour recevoir ces messages. L’adhésion à la carte de fidélité ne vaut pas accord marketing. Prévoyez une case distincte lors de l’inscription et un moyen simple de se désinscrire à chaque envoi commercial.
Suis-je responsable si mon prestataire de paiement subit une fuite ?
Vous restez responsable du traitement vis-à-vis de vos clients. Le prestataire agit comme sous-traitant. Un contrat écrit doit répartir les obligations et prévoir la notification rapide de tout incident, afin que vous puissiez réagir dans les délais imposés par la réglementation.
Combien de temps conserver les données d’un client de food truck ?
Il n’existe pas de durée unique. En pratique, les données de fidélité se conservent tant que le compte reste actif, souvent trois ans après le dernier achat. Au delà, il faut archiver ou supprimer. Documentez chaque durée dans votre registre.



































