
Le pseudonyme WhatsApp arrive : début avril 2026, la messagerie a commencé à déployer les noms d’utilisateur auprès d’un nombre limité de testeurs des versions bêta Android et iOS. Vous pourrez ainsi créer une identité publique sans donner votre numéro de téléphone à un nouveau contact.
Les défenseurs de la vie privée la réclamaient depuis des années. Le numéro de téléphone circule en effet partout, et il en dit long sur vous.
Comment fonctionne le pseudonyme WhatsApp
Chaque utilisateur concerné choisit un identifiant unique de 3 à 35 caractères : lettres minuscules, chiffres, points et tirets bas, avec au moins une lettre. Il ne peut pas commencer par « www » ni se terminer par une extension de domaine. Il ne peut pas non plus reprendre un nom déjà utilisé par quelqu’un d’autre sur Facebook ou Instagram.
Concrètement, ce pseudonyme remplace le numéro dans les conversations lancées par des inconnus. Une clé de pseudonyme optionnelle à 4 chiffres complète le dispositif. Une fois activée, seules les personnes qui connaissent à la fois le pseudonyme et la clé peuvent engager une première conversation.
Le déploiement a débuté en bêta et doit s’étendre au fil des mois suivants. WhatsApp n’a donné aucun calendrier officiel de généralisation. Surveillez donc les mises à jour de l’application.
Pourquoi masquer son numéro compte au regard du RGPD
Le numéro de téléphone permet une identification directe. De plus, il alimente les bases des courtiers en données et facilite l’ingénierie sociale, par exemple le « SIM swapping », où un fraudeur détourne votre ligne pour recevoir vos codes de connexion.
Le RGPD demande une protection des données dès la conception et par défaut (article 25) et pose un principe de minimisation (article 5.1.c). Moins de personnes connaissent votre numéro, moins il circule : le pseudonyme va donc dans ce sens.
Les utilisateurs européens choisiront ainsi à qui ils donnent leur numéro. Une entreprise qui échange avec ses clients sur WhatsApp devra, de son côté, adapter sa façon de collecter et d’enregistrer les contacts.
Ce que le pseudonyme ne protège pas
D’abord, le numéro reste obligatoire pour créer un compte WhatsApp. Meta le détient donc toujours. Le pseudonyme reste lui aussi une donnée associée au compte, soumise aux obligations de sécurité de l’article 32 du RGPD. En cas de violation, la notification à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sous 72 heures (article 33) et l’information des personnes en cas de risque élevé (article 34) restent dues.
De même, un pseudonyme mal choisi trahit son porteur. S’il reprend celui de votre compte Instagram ou Facebook, n’importe qui relie les comptes entre eux. La CNIL le rappelle : la pseudonymisation n’équivaut pas à l’anonymisation, car un identifiant stable reste rattachable à une personne. Notre article sur la pseudonymisation comme technique de sécurité et de minimisation détaille cette différence.
Les bons réglages, pour vous et pour votre organisation
Choisissez un pseudonyme sans votre nom complet, sans date de naissance et sans élément facile à relier à votre identité. Ensuite, activez la clé à 4 chiffres pour bloquer les sollicitations non désirées. Enfin, vérifiez qui voit votre photo de profil, votre statut et vos informations « À propos ».
Dans une organisation qui utilise WhatsApp pour le travail, inscrivez cet usage au registre des traitements. Rappelez aux équipes qu’une messagerie grand public utilisée pour des données de clients exige une analyse préalable, surtout en cas de transfert hors de l’Union européenne. Notre guide pour documenter la messagerie professionnelle vous aide à le faire.
Pour les échanges les plus sensibles, préférez toutefois une messagerie chiffrée de bout en bout opérée en Europe. Olvid, certifiée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), a par exemple été préconisée aux membres du gouvernement et à leurs cabinets par une circulaire de la Première ministre du 22 novembre 2023. Le pseudonyme WhatsApp améliore l’usage quotidien ; il ne fait pas de WhatsApp une messagerie souveraine.
Sources
Le lancement en bêta et la conservation du numéro par Meta sont décrits par 9to5Google dans WhatsApp starts rolling out usernames in beta, keeps your phone number private.
WABetaInfo détaille les règles de format, la clé à 4 chiffres et l’absence de calendrier officiel de généralisation dans son article WhatsApp is working towards a public launch of the username feature.
La circulaire sur Olvid est rapportée par Public Sénat dans Elisabeth Borne demande aux ministres de supprimer WhatsApp, Signal et Telegram de leurs téléphones et d’utiliser Olvid.

