
La navigation web isolée exécute les pages consultées sur un serveur distant, et non sur le poste de l’utilisateur. Le 13 mai 2026, l’éditeur français VirtualBrowser a annoncé une levée de six millions d’euros pour développer cette technologie. Sa solution est certifiée CSPN par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
L’éditeur cite parmi ses clients Thales, Dassault Aviation, Naval Group, le Conseil de l’Union européenne et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Le ministère des Affaires étrangères figure aussi parmi ses références. La société revendique 150 000 utilisateurs.
Le navigateur, porte d’entrée des attaques
En pratique, une page piégée, un téléchargement malveillant ou un lien d’hameçonnage passent tous par le navigateur. Selon VirtualBrowser, une grande partie des intrusions commence ainsi. Rançongiciels, vols d’identifiants et exfiltrations de données personnelles empruntent souvent ce chemin.
Les protections habituelles, comme l’antivirus et le filtrage d’adresses, arrêtent les menaces déjà connues. Face à une attaque inédite, elles réagissent en revanche trop tard.
Renforcer le poste sans traiter le navigateur laisse donc une ouverture sur Internet.
Le principe de la navigation web isolée
La navigation web isolée, en anglais Remote Browser Isolation, déporte la navigation sur un serveur distant. L’utilisateur reçoit seulement un flux d’images de la page. VirtualBrowser parle de « pixel streaming ». Ainsi, aucun code du site visité ne s’exécute sur sa machine.
Si une page est infectée, le contenu malveillant reste donc dans l’environnement distant. L’environnement disparaît ensuite à la fermeture de la session.
La solution française ajoute une protection contre l’hameçonnage. Selon Presse-citron, elle peut bloquer la saisie au clavier quand l’utilisateur ouvre un lien suspect. Par conséquent, l’identifiant et le mot de passe n’atteignent pas la page frauduleuse.
Enfin, selon Le Monde Informatique, l’outil ne demande ni agent ni extension sur le poste. Il est hébergé chez Outscale.
Isolation du navigateur et article 32 du RGPD
D’abord, l’article 32 du RGPD impose des mesures techniques et organisationnelles adaptées au risque. Isoler la navigation réduit la probabilité qu’une compromission atteigne les fichiers qui contiennent des données personnelles. La mesure se documente donc comme une réponse à un risque identifié.
De plus, la directive NIS 2 étend l’obligation de gérer activement les risques cyber à des milliers d’entités. La sécurité des accès à Internet en fait partie.
Une intrusion évitée est aussi une violation qui n’a pas lieu. Vous n’avez alors ni notification à la CNIL au titre de l’article 33, ni information des personnes au titre de l’article 34. Notre tutoriel sur la notification d’une violation montre ce que représente cette procédure.
Les critères pour déployer la navigation web isolée
Commencez donc par les postes qui traitent des données sensibles et naviguent librement sur Internet : ressources humaines, comptabilité, accueil du public, direction.
Évaluez ensuite une solution certifiée ou éprouvée. En effet, la navigation isolée complète l’antivirus et le filtrage. Elle ne les remplace pas.
Le prestataire traite les pages consultées par vos salariés, donc des données personnelles. Vérifiez par conséquent l’hébergement, la localisation des serveurs et le contrat de sous-traitance au sens de l’article 28.
Documentez enfin ce choix dans les mesures de sécurité de votre registre des traitements. Associez-le à une formation régulière contre l’hameçonnage : un mot de passe donné par téléphone contourne toute isolation.
Bien entendu, aucune technologie ne supprime le risque. Pour un DPO, la navigation isolée fournit toutefois un argument concret face à la direction des systèmes d’information : le niveau d’isolement des postes qui portent vos données les plus sensibles.
Sources
VirtualBrowser annonce sa levée de fonds dans VirtualBrowser raises €6M to become the European standard for secure web browsing.
Le Monde Informatique détaille l’opération dans Virtual Browser accélère sa croissance en levant 6 M€.
Presse-citron explique le fonctionnement dans Ce navigateur français est l’un des plus sécurisés au monde.

