
Le président Donald Trump accuse la Chine d’avoir acquis illicitement des données électorales, soit 220 millions de fichiers d’électeurs. Il l’a affirmé le 16 juillet 2026, dans une allocution télévisée depuis la Maison-Blanche. Selon lui, cette collecte s’étale sur plusieurs années à partir du cycle électoral de 2020.
La Maison-Blanche parle de « la plus grande compromission connue de données électorales de l’histoire ». Elle ajoute que les services de renseignement en avaient connaissance dans au moins 18 États. Elle s’appuie pour cela sur des documents déclassifiés.
Ce qu’affirme la Maison-Blanche sur les fichiers d’électeurs
D’après l’exécutif américain, les fichiers concernés contiennent des noms, des adresses, des numéros de téléphone, des préférences partisanes et d’autres informations sensibles. Il y voit une menace directe pour l’intégrité des scrutins.
La Maison-Blanche réclame donc au Congrès l’adoption du SAVE America Act, un texte qui durcit l’identification des électeurs.
Des affirmations aussitôt relativisées
Le projet FactCheck.org de l’Annenberg Public Policy Center appelle à la prudence. Il rappelle d’abord qu’une large part des fichiers d’électeurs américains est accessible légalement : beaucoup d’États les vendent ou les communiquent à des partis, des chercheurs ou des courtiers en données.
Il relève ensuite qu’une évaluation du renseignement d’avril 2020 mentionnait déjà l’analyse de listes électorales d’États américains par des responsables chinois. Enfin, aucune preuve d’une modification des données n’a été présentée. La gravité réelle dépend ainsi de la part de données véritablement confidentielles dans le lot.
Le calendrier interroge aussi : l’annonce intervient à quelques mois des élections de mi-mandat et sert un agenda politique assumé.
Nous en tirons une méthode de DPO. Séparez les faits établis, les éléments déclassifiés invérifiables et les conclusions politiques qui en sont tirées.
Les données électorales en Europe : un cas d’article 9
Dans l’Union européenne, les opinions politiques font partie des catégories particulières de données de l’article 9 du RGPD. Un fichier qui associe identité, coordonnées et préférence partisane relève donc du niveau de protection le plus élevé.
L’article 32 impose dans ce cas chiffrement, cloisonnement et traçabilité des accès. Une exfiltration déclenche la notification à l’autorité de contrôle sous 72 heures (article 33). L’information individuelle des électeurs suit au titre de l’article 34, car le risque élevé ne fait guère de doute avec des opinions politiques.
NIS2 et la résilience des systèmes publics
La directive NIS2 inclut dans son champ les entités de l’administration publique des gouvernements centraux et, selon les choix de chaque État, celles du niveau régional. Elle permet aussi aux États membres de l’étendre à l’administration publique au niveau local.
Les systèmes qui gèrent les listes électorales entrent dans cette logique de résilience : analyse de risque, mesures de gestion, déclaration des incidents importants. Une commune qui traite des données d’électeurs gère en réalité des données d’opinion, avec les exigences qui vont avec. L’audit informatique d’une collectivité donne un premier état des lieux.
Protéger les données électorales de votre collectivité
Cartographiez d’abord les traitements liés aux élections : liste électorale, procurations, propagande. Réduisez ensuite les extractions au strict nécessaire et supprimez les copies de travail après chaque scrutin.
Chiffrez les supports et limitez les accès aux agents habilités, avec journalisation. Tracez aussi chaque demande de communication de la liste : identité du demandeur, date, extrait remis.
Testez enfin la procédure de notification en 72 heures sur un scénario de fuite de liste électorale. Notre tutoriel pour notifier une violation de données personnelles sert de trame à cet exercice, et notre offre de DPO pour les collectivités couvre ce type de traitement. Préparez la protection de ces fichiers avant la crise.
Sources
La position de l’exécutif américain figure dans le communiqué de la Maison-Blanche Setting the Record Straight: President Trump Declassifies Intel on Foreign Election Interference and Deep State Coverup.
La date de l’allocution, le SAVE America Act et les réserves citées viennent de FactCheck.org dans FactChecking Trump’s Election Security Speech.
Le champ des administrations publiques est fixé par l’article 2 de la directive (UE) 2022/2555, dite NIS2.

