Une IA capable de travailler directement sur un ordinateur change la manière d’aborder la confidentialité. Le calcul peut rester près des données, tandis que l’agent dispose de moyens pour les lire, les transformer et agir dans les applications. Pour les DPO et les organisations, cette évolution invite à examiner ensemble le lieu du traitement et l’étendue des autorisations.
Perplexity a annoncé le 20 octobre un mode entièrement local de Computer sur Mac Apple silicon. Selon l’éditeur, le modèle, l’orchestration et l’exécution de la tâche fonctionnent alors sur l’appareil. L’offre est présentée comme disponible pour les abonnés Pro, Max et Enterprise, dans l’application Mac actualisée. Perplexity recommande au moins 36 Go de mémoire pour cet usage. Cette indication constitue une recommandation matérielle, à rapprocher du poste utilisé et des tâches envisagées. Annonce officielle .
Deux modes, deux périmètres à comprendre
Le mode entièrement local et le mode hybride répondent à des logiques différentes. Le premier place le travail du modèle et de l’agent sur le Mac. Le second démarre la tâche dans le cloud et combine le raisonnement distant avec un traitement local des fichiers privés. La page produit décrit aussi un mécanisme de contrôle des informations personnelles, appelé Privacy Gate, susceptible de conserver le contenu localement, de le masquer ou de demander une autorisation de partage. Ces possibilités correspondent à la présentation de l’éditeur ; leur efficacité sur les documents propres à chaque organisation mérite une évaluation. Présentation.
Une précision de cette documentation mérite une attention particulière : l’expression « entièrement local » concerne l’endroit où fonctionne l’IA. L’envoi d’un message ou d’une invitation utilise le service de l’application correspondante. Une tâche peut donc produire son analyse sur l’ordinateur, puis transmettre un résultat à travers une messagerie. Le contrôle des destinataires et du contenu partagé conserve toute son importance.
Notre recommandation consiste à distinguer ces étapes dans les règles internes. L’autorisation de lire un dossier, celle de modifier un document et celle de communiquer un résultat doivent correspondre à des décisions explicites. Une préparation locale suivie d’une validation humaine constitue un premier scénario particulièrement lisible pour les équipes.
Le poste de travail devient un périmètre de contrôle
La documentation générale d’installation de Personal Computer décrit des autorisations macOS étendues : accessibilité pour cliquer et saisir, capture de l’écran et de l’audio système, accès complet au disque pour la lecture des fichiers. Elle prévoit également la connexion de dossiers, d’applications et de services. Cette page décrit l’installation générale du produit ; la configuration effective du nouveau mode local sur un poste donné reste à examiner. Guide officiel de configuration.
Ces permissions appellent une revue avec l’équipe informatique. Un salarié peut disposer, dans sa session, d’une messagerie, de dossiers partagés et de documents appartenant à plusieurs activités. L’objectif consiste à donner à l’agent un périmètre adapté à sa mission. Nous recommandons, pour un premier essai, un environnement de travail dédié, un ensemble documentaire maîtrisé et des autorisations techniques documentées. Lorsque le logiciel exige des accès plus larges, l’organisation doit apprécier cette portée avant le déploiement et organiser les mesures de séparation adaptées. L’intérêt du traitement local se mesure ainsi sur deux plans. Il peut réduire certaines transmissions vers des modèles distants. Il renforce parallèlement le besoin de maîtriser les accès au poste, les copies produites, les sauvegardes et le devenir des résultats. La confidentialité suit toute la chaîne de travail, jusqu’à la destination finale du document.
Une méthode d’essai utile au DPO
La CNIL recommande de partir d’un besoin concret, d’encadrer les usages, de retenir un déploiement sécurisé et d’associer les compétences métiers, informatiques et de protection des données. Elle évoque notamment l’intérêt de systèmes locaux et sécurisés. Ces recommandations, publiées le 18 juillet 2024, fournissent un cadre pour examiner cette nouvelle offre. CNIL déploiement d’une IA générative.
Pour un pilote, nous proposons une tâche délimitée : préparer une synthèse à partir de documents fictifs ou adaptés au test, puis enregistrer le résultat dans un emplacement dédié. Le responsable du test peut observer les fichiers consultés, les modifications réalisées, les sollicitations d’accès au cloud et les traces conservées. La comparaison entre le comportement attendu et le résultat obtenu permet de décider des usages autorisés et des contrôles à renforcer.
L’évaluation doit également préciser les conditions de suppression des historiques et des fichiers intermédiaires, les éventuelles données de fonctionnement transmises au fournisseur, ainsi que les garanties contractuelles applicables au compte retenu. L’annonce de lancement renseigne les capacités présentées. La validation d’un usage professionnel repose sur cette analyse complémentaire et sur des essais documentés.
Le contrôle humain garde une place très concrète
Un agent local peut produire un résumé erroné, modifier un fichier au-delà du besoin ou préparer un partage trop large. Le choix du lieu de calcul et la qualité de l’action relèvent de vérifications complémentaires. Nous recommandons de réserver les envois, les suppressions importantes et les engagements à une validation identifiable, avec une possibilité de reprendre la main et de retrouver les documents d’origine. pour une structure, la question de départ reste la même : quelles données sont utiles à cette tâche, quels accès sont proportionnés et qui valide le résultat ? L’arrivée d’agents davantage exécutés sur le poste ouvre une option intéressante. Sa valeur pour la protection des données se démontre par la maîtrise des permissions, des échanges et des actions réalisées.






























